ARTICLE  "La cabane d'Émile"

Cette rubrique sera bien sûr dédoublée quand le besoin s'en fera sentir

[ARTICLE] "La cabane d'Émile"

Messagede chris31 » Jeu 24 Sep 2009, 07:28

Ce fil est destiné à contenir une série de contributions présentant un petit diorama (18cm x 18cm) et les étapes de sa fabrication.
Il est destiné aux débutants, mais certains chevronné y trouveront peut-être des idées. :D
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Re: La cabane d'Émile

Messagede chris31 » Jeu 24 Sep 2009, 19:01

La Cabane d'Émile



Emile, paysan gascon, est vu ici devant sa cabane de jardin, en train de faire fuir ses deux chiens qui prennent un malin plaisir à piétiner les semis de la veille !
Du coup il ne voit pas son ami, le docteur du village venu lui montrer sa 2CV flambant neuf. « La Lorraine' », c'est ainsi que se nomme la vache, semble bien rigoler en regardant la scène. :D

Cette scène, prise sur le vif dans les années 1950 par un photographe qui expérimentait la photographie couleur, nous amène à rappeler une partie de l'histoire récente de Toulouse. A la Libération de la ville, le 19 août 1944, les troupes d'occupation allemandes étaient parties quelque peu précipitamment, abandonnant pas mal de matériel derrière elles.
Ce qui aurait dû être, juste avant la guerre, la nouvelle École Vétérinaire, refusée par les « vétos » car située sur un terrain marécageux impropre à l'implantation d'une telle école, avait été utilisée par l'aviation allemande comme usine de réparation des avions. Ils n'avaient fait que reprendre une activité qui commençait à s'implanter à cet endroit qui devait devenir en 1947, le premier Centre d'Essais Aéronautique de Toulouse.
En partant, les allemands abandonnèrent une énorme réserve de bois précieux utilisés pour la construction des aéronefs, notamment de l'acajou. C'est ainsi qu'en 1972, la plupart des tabourets utilisés par les compagnons de l'atelier de fabrication étaient en acajou massif !

Sous l'occupation, Émile, dont la ferme se situait à une cinquantaine de kilomètre de Toulouse, non loin d'une gare du Comminges, sur la ligne Toulouse-Tarbes , avait quelque peu profité des difficultés d'approvisionnement des citadins.

Il lui suffisait de descendre dans la plaine de la Garonne avec sa carriole attelée du cheval et de se poster dans un coin de la cour des voyageurs du bourg voisin pour vendre quelques lapins, poules et autres canards. C'est ainsi qu'il noua connaissance avec un débrouillard qui alimentait ses copains en produits frais. Émile pensait, avec juste raison d'ailleurs, que ce gars était dans la Résistance. Il n'en était pas sûr mais cela lui permettait de se sentir lui aussi un peu résistant à l'occupant et de ne pas vraiment faire de marché noir. Il gardait ainsi bonne conscience.

Après la guerre et l'ouverture du CEAT, son homme vint le revoir. Il se présenta ouvertement comme un responsable du syndicat CGT de l'entreprise et proposa à Émile un nouveau marché : du foie gras contre des plaques de teck. Émile avait conservé durant la guerre pas mal de cette denrée rare qu'il n'avait osé vendre, aussi le marché fut vite accepté.

Et c'est ainsi que la ferme d'Émile se couvrit de constructions diverses et variées en teck massif telle cette cabane au fond du jardin.

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Re: La cabane d'Émile

Messagede chris31 » Dim 27 Sep 2009, 16:50

La Cabane d'Émile


Le Making Off
Première partie


Une petite remarque avant de commencer.
Je me souviens avoir abondé, sur la liste Ptitrain, dans le sens d'un de nos Papy (je crois) qui disait être finalement plus intéressé par le décor lui même que par la construction et l'exploitation d'un réseau.
Est-ce dû à mon passage dans le monde du 1/43 et des automobiles à cette échelle que je me suis régalé à photographier et à mettre en scène durant quelques années ? Ou à tout autre raison ? Toujours est-il que le côté décor me passionne beaucoup plus, pour l'instant, que le côté voie et matériel roulant. Cela changera certainement lorsque j'aurai fini d'assainir le grenier où je pense installer mon réseau, mais actuellement, c'est comme ça !

Il y a eu souvent, dans les revues ou sur les forums spécialisés en petit train, des interventions demandant ce qu'il valait mieux faire : planifier totalement son projet ou démarrer sans idée préconçue et naviguer ensuite à l'estime.
Pour ma part je balance entre les deux et si je pense que la voie ne peut-être disposée au hasard sur le réseau il n'en est pas de même du décor où il faut garder la place à l'imagination et à une certaine « poésie ».
L'histoire de la fabrication du petit diorama « La cabane d'Émile » va me permettre d'être plus explicite.

Tout a commencé un jour où il m'est venu l'idée de fabriquer de la tôle ondulée. Yann Baude, dans un article du numéro Hors-Série 10 de Loco Revue donne un moyen simple de le faire mais il part d'une plaque Evergreen 4525 pour estamper l'aluminium ménager qui va devenir de la tôle ondulée.
N'ayant pas ce type de matériel dans mes tiroirs et n'ayant nullement envie d'en commander sur Internet ni d'attendre Rail Expo pour m'approvisionner, j'ai cherché autre chose. Un tout dans mon jardin pour mesurer les dimensions d'une tôle qui y est entreposée m'a donné les dimensions suivantes :
  • 227 x 91 cm ;
  • longueur d'onde 9 cm avec une épaisseur de 2 cm de chaque côté de la surface moyenne.
L'onde de la tôle correspond approximativement à un fil de cuivre provenant des raccordements de ligne téléphonique dont vous savez que je suis grand utilisateur (voir ici). Une plaquette de pâte à modeler de la taille idoine me servit de support pour placer un fil dépassant à moitié contre un fil enfoncé et affleurant juste la surface. Une fois le fil "en relief" suivant placé, on enlève le fil affleurant et on continue :



On obtient ainsi, une série de creux et de bosses conformes à ceux d'une tôle ondulée. Cette matrice est placée entre quatre baguettes de bois et le tout sert de moule pour obtenir le gabarit définitif :



Reste à couler un produit adéquat : un essai avec du plâtre s'est soldé par un échec, j'ai en effet récupéré une masse abominable et friable au possible. Le gabarit fut donc coulé en utilisant de l'enduit de rebouchage avec lequel je me sens beaucoup plus à l'aise. Une fois démoulé, un petit coup d'acrylique noire stabilise le tout qui est collé sur une chute de contreplaqué.




Pour le reste, le gabarit est utilisé comme le recommande Yan Baude : en posant un morceau d'aluminium ménager sur le gabarit et en l'estampant avec une brosse à dent (de préférence usagée).
J'ai ensuite collé cette tôle sur un autre morceau d'aluminium pour le rigidifier un peu.

(à suivre...) ;)
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Re: [ARTICLE] "La cabane d'Émile"

Messagede chris31 » Mer 30 Sep 2009, 17:58

La Cabane d'Émile[


Le Making Off
Seconde partie



Une fois en possession de ma tôle ondulée l'idée m'est venue de m'en servir pour couvrir une cabane de jardin. Il fallait trouver du bois facile à travailler pour faire des poutres et des murs. Une vieille habitude m'a fait utiliser des allumettes pour réaliser la charpente. Quand aux murs, je possède, stocké dans un coin du grenier, des chutes de placage en teck, certainement de quoi réaliser des milliers de cabanes ! Un premier essai m'a montré que ce matériau était un peu fragile et avait tendance à se déchirer lors des coupes. J'ai alors fabriqué du contreplaqué de teck en collant deux épaisseurs de placage entre elles en ayant soin de placer les fibres des deux plaques à 90 ° (sinon ce n'aurait pas été du contreplaqué mais simplement du plaqué). ;)

Un plan a été réalisé avec NeoOffice, l'équivalent d'Open Office pour Macitosh, et le cutter est entré en jeu ainsi que le mélange 50% colle à bois, 50% eau. J'en ai profité pour tailler la fenêtre en utilisant la fraiseuse Proxxon MF70 achetée un peu plus tôt. Ceci explique la forme arrondie des angles de cette fenêtre
C'était le première utilisation et c'est en fraisant que l'on devient fraiseron comme dit le proverbe. :D



Une petite déception en passant : mon imprimante jet d'encre de campagne est incapable d'écrire de façon perène sur du transparent. J'ai donc imprimé le cadre de la fenêtre sur du papier qui a été découpé et collé sur le dit transparent.



Le reste du montage ne présente aucune difficulté.


J'avais une magnifique cabane de jardin en teck massif. Restait à la mettre en scène et fabriquer un petit coin de jardin pour l'y installer. J'ai d'abord cherché sur Google Map un coin de Gascogne qui pourrait m'intéresser, j'avais dans l'idée de placer ma cabane au bas d'un chemin lui même taillé dans une colline et tournant un peu. Une fois l'endroit trouvé, je l'ai imprimé à l'échelle 1/87, c'est à dire que je l'ai fortement agrandi tout en lui superposant un quadrillage 2m x 2m.



Il est aisé ensuite de déterminer les différents points où l'on décide de changer d'altitude ; ils seront placés sur 4 lignes parallèles qui permettent de tracer le profil des couples qui sont montés ensemble :



Un grillage provenant de la récupération d'une vieille moustiquaire vient recouvrir ces couples :


On lisse ensuite les angles restant dans ce sol grillagé en le recouvrant de papier journal, toujours en utilisant le mélange eau-colle :



Et on recouvre le tout avec... du plâtre !
Et bien non ! Je vous ai dit que j'étais particulièrement nul dans le maniement du plâtre : je n'ai pas fini de touiller le mélange que la spatule reste figée au milieu d'un bloc déjà pris. Alors, étendre du plâtre sur une structure quelle qu'elle soit, ce n'est pas pour moi. :)
Du coup j'ai découvert la technique du Gesso (prononcer djesso à l'italienne, ce mot voulant d'ailleurs dire plâtre dans cette langue). Le gesso est un enduit utilisé en art graphique, notamment pour préparer les toiles avant de peindre dessus. Il a tout un tas d'avantage... sauf son prix.
Si on l'achète tout prêt dans un magasin spécialisé ! Mais le gesso est en fait très simple à fabriquer. Il faut trois produits que l'on trouve en droguerie :
de la colle de peau de lapin,
du blanc d'Espagne (ou de Meudon, ou de Toulouse, c'est la même chose),
un petit peu de borate de soude (borax).

Il faut d'abord préparer la colle de peau de lapin : dans 200ml d'eau on met à gonfler toute une nuit 3 cuillères à soupe de granulés de colle. Le lendemain, on fait fondre au bain-marie la colle qui ne doit surtout pas bouillir. On y ajoute une toute petite cuillerée à moka de borax pour éviter à la colle de moisir. Et cette colle est prête : elle se conserve au frigo et il suffit de la réchauffer au bain-marie lorsque l'on en a besoin.

Pour faire du gesso, on met dans un récipient en verre un peu de colle et on y rajoute,petit à petit du blanc d'Espagne jusqu'à obtenir une consistance de pâte à crêpe un peu épaisse. Ce gesso se conserve plusieurs jours et on peut le reliquéfier lorsqu'il devient trop épais en le chauffant légèrement au bain-marie. On peut même le colorer en y rajoutant un pigment ; pour ma part, j'ai ajouté de l'acrylique terre naturelle pour les dernières couches (j'ai du en passer 5).



La suite est une question de décoration des plus classiques : peinture acrylique, herbe, ... La prochaine page vous donnera quelques particularités de ce décor.

(à suivre...)
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Re: [ARTICLE] "La cabane d'Émile"

Messagede chris31 » Jeu 05 Nov 2009, 09:20

La Cabane d'Émile


Particularités


Deux ou trois détails de ce petit diorama valent la peine que l'on s'y arrête.

A tout seigneur tour honneur :

ÉMILE

J'avais dès le début l'idée de représenter une vache dans un pré.
La seule vache qui était disponible chez mon fournisseur de Blagnac faisait partie d'un ensemble Preiser n° 10048 : "Marchands de bestiaux".
Outre la vache et deux chiens, cette référence offre 5 personnages à l'aspect quelque peu teuton comme souvent chez Preiser.
L'un d'eux allait assez bien avec l'idée que je me faisais d'Émile, malgré son genre ne fleurant pas la Gascogne :



Quelques touches de couleurs acrylique lui rendirent une personnalité plus proche de son pays : un peu de bleu outremer pour la blouse et, surtout, du gris de Payne pour transformer la casquette germanique en béret cher à nos têtes paysannes.



L'ARBRE

La technique que j'ai utilisé pour réaliser cet arbre est celle donnée par Aurélien Prévot dans Loco Revue n° 744 : des fleurs de lilas séchées pour la structure, de la peinture et du flocage :



LE POTEAU TÉLÉGRAPHIQUE

Pour ce qui est du poteau, j'ai décrit longuement sa fabrication sur Ptitrain ICI, je n'y reviendrai donc pas.



++++++++++


Voilà qui met fin à cette petite série de pages. En espérant vous avoir été utile :)
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