Une fois en possession de ma tôle ondulée l'idée m'est venue de m'en servir pour couvrir une cabane de jardin. Il fallait trouver du bois facile à travailler pour faire des poutres et des murs. Une vieille habitude m'a fait utiliser des allumettes pour réaliser la charpente. Quand aux murs, je possède, stocké dans un coin du grenier, des chutes de placage en teck, certainement de quoi réaliser des milliers de cabanes ! Un premier essai m'a montré que ce matériau était un peu fragile et avait tendance à se déchirer lors des coupes. J'ai alors fabriqué du contreplaqué de teck en collant deux épaisseurs de placage entre elles en ayant soin de placer les fibres des deux plaques à 90 ° (sinon ce n'aurait pas été du contreplaqué mais simplement du plaqué).
Un plan a été réalisé avec NeoOffice, l'équivalent d'Open Office pour Macitosh, et le cutter est entré en jeu ainsi que le mélange 50% colle à bois, 50% eau. J'en ai profité pour tailler la fenêtre en utilisant la fraiseuse Proxxon MF70 achetée un peu plus tôt. Ceci explique la forme arrondie des angles de cette fenêtre
C'était le première utilisation et c'est en fraisant que l'on devient fraiseron comme dit le proverbe.
Une petite déception en passant : mon imprimante jet d'encre de campagne est incapable d'écrire de façon perène sur du transparent. J'ai donc imprimé le cadre de la fenêtre sur du papier qui a été découpé et collé sur le dit transparent.
Le reste du montage ne présente aucune difficulté.
J'avais une magnifique cabane de jardin en teck massif. Restait à la mettre en scène et fabriquer un petit coin de jardin pour l'y installer. J'ai d'abord cherché sur Google Map un coin de Gascogne qui pourrait m'intéresser, j'avais dans l'idée de placer ma cabane au bas d'un chemin lui même taillé dans une colline et tournant un peu. Une fois l'endroit trouvé, je l'ai imprimé à l'échelle 1/87, c'est à dire que je l'ai fortement agrandi tout en lui superposant un quadrillage 2m x 2m.
Il est aisé ensuite de déterminer les différents points où l'on décide de changer d'altitude ; ils seront placés sur 4 lignes parallèles qui permettent de tracer le profil des couples qui sont montés ensemble :
Un grillage provenant de la récupération d'une vieille moustiquaire vient recouvrir ces couples :
On lisse ensuite les angles restant dans ce sol grillagé en le recouvrant de papier journal, toujours en utilisant le mélange eau-colle :
Et on recouvre le tout avec... du plâtre !
Et bien non ! Je vous ai dit que j'étais particulièrement nul dans le maniement du plâtre : je n'ai pas fini de touiller le mélange que la spatule reste figée au milieu d'un bloc déjà pris. Alors, étendre du plâtre sur une structure quelle qu'elle soit, ce n'est pas pour moi.
Du coup j'ai découvert la technique du
Gesso (prononcer
djesso à l'italienne, ce mot voulant d'ailleurs dire plâtre dans cette langue). Le gesso est un enduit utilisé en art graphique, notamment pour préparer les toiles avant de peindre dessus. Il a tout un tas d'avantage... sauf son prix.
Si on l'achète tout prêt dans un magasin spécialisé ! Mais le gesso est en fait très simple à fabriquer. Il faut trois produits que l'on trouve en droguerie :
de la colle de peau de lapin,
du blanc d'Espagne (ou de Meudon, ou de Toulouse, c'est la même chose),
un petit peu de borate de soude (borax).
Il faut d'abord préparer la colle de peau de lapin : dans 200ml d'eau on met à gonfler toute une nuit 3 cuillères à soupe de granulés de colle. Le lendemain, on fait fondre au bain-marie la colle qui ne doit surtout pas bouillir. On y ajoute une toute petite cuillerée à moka de borax pour éviter à la colle de moisir. Et cette colle est prête : elle se conserve au frigo et il suffit de la réchauffer au bain-marie lorsque l'on en a besoin.
Pour faire du gesso, on met dans un récipient en verre un peu de colle et on y rajoute,petit à petit du blanc d'Espagne jusqu'à obtenir une consistance de pâte à crêpe un peu épaisse. Ce gesso se conserve plusieurs jours et on peut le reliquéfier lorsqu'il devient trop épais en le chauffant légèrement au bain-marie. On peut même le colorer en y rajoutant un pigment ; pour ma part, j'ai ajouté de l'acrylique terre naturelle pour les dernières couches (j'ai du en passer 5).
La suite est une question de décoration des plus classiques : peinture acrylique, herbe, ... La prochaine page vous donnera quelques particularités de ce décor.
(à suivre...)